Un budget de gauche pour combattre la crise et rétablir la justice sociale

Pierre Moscovici devant le Parlement

Dès aujourd’hui, les députés s’attaquent à l’examen du projet de loi de finance, qui répartit le budget de la nation.

Ce rituel de travail annuel dans la vie du Parlement a cette fois un goût particulier, à la fois amer et porteur d’espoir. Amer, car la situation économique est difficile, et les finances publiques sont dans un état déplorable : en dix ans, la droite a fait doubler l’endettement de notre pays et les intérêts de la dette sont aujourd’hui le premier budget de l’Etat devant l’éducation ! Porteur d’espoir car, bien que nos marges de manœuvre soient contraintes et plus réduites que nous l’aurions bien entendu souhaité, les choix opérés par le gouvernement traduisent une véritable réorientation à gauche de la gestion des comptes de la nation.

Le budget proposé par Pierre Moscovici s’inscrit dans ce contexte. C’est celui d’une gauche qui agit, d’une gauche réaliste, et d’une gauche qui choisit

d’affronter et de combattre la crise plutôt que de la subir ou de la nier. La gauche est souvent caricaturée, généralement à tort, comme laxiste en matière de gestion des finances publiques. Mais à aucun moment François Hollande n’avait promis de « raser gratis » pendant sa campagne. Un budget de gauche, c’est, au-delà des contraintes, définir des priorités qui reflètent une ambition progressiste, respectueuse de l’égalité et des libertés individuelles, au service de chaque citoyen et de l’intérêt général.

Ces priorités sont au rendez-vous :

affranchir le pays de la dictature des marchés financiers, avec un retour à l’équilibre structurel en 2016, et un objectif de 3% de déficit en 2013 (contre 4,5% en 2012) ;

– préserver le pouvoir d’achat, en refusant toute hausse de la TVA ;

– donner les moyens au gouvernement d’agir en faveur de la jeunesse et de l’emploi, priorités de campagne de François Hollande : 100 000 emplois d’avenir, renforcement des moyens de Pôle Emploi pour que les conseillers aient enfin le temps d’accompagner les chômeurs dans leur recherche d’emploi, extension du service civique, etc. ;

– réparer la casse des gouvernements précédents dans l’éducation nationale, qui redevient une dépense d’avenir qu’on ne peut pas se permettre de sacrifier, avec plus de 40 000 recrutements dans l’éducation et la recherche ;

– renforcer la justice et la sécurité : création de zones sécuritaires prioritaires là où c’est nécessaire, moyens supplémentaires pour l’aide aux victimes et l’accès au droit, développement des aménagements de peine qui favorisent l’insertion et diminuent le risque de récidive, etc. ;

– s’attaquer à la crise du logement, en augmentant notamment la taxe sur les friches commerciales pour lutter contre la sous-utilisation du foncier, et en ouvrant des réductions d’impôts pour les investissements de logements neufs destinés à être loués peu cher à des personnes à faibles ressources ;

– amorcer la transition vers une fiscalité écologique, avec un renforcement de la taxe générale sur les activités polluantes (TGAP) et du malus automobile, en attendant les conclusions de la conférence environnementale qui seront intégrées dans le budget 2014.

 

Pour être à la hauteur de ces ambitions, il nous faudra bien entendu faire des efforts, mais le gouvernement a fait en sorte que ces efforts soient répartis de la manière la plus juste sur l’ensemble des citoyens en fonction de leurs moyens. Les contribuables les plus aisés, qui avaient bénéficié d’importants cadeaux fiscaux sous Sarkozy, devront s’acquitter d’une tranche d’impôt supplémentaire sur le revenu à 45 %, comme c’était le cas avec les prédécesseurs de François Fillon. Au-delà d’un million d’euros, les revenus extrêmement élevés seront taxés à hauteur de 75%. Enfin, les niches fiscales seront plafonnées beaucoup plus durement qu’aujourd’hui.

Le train de vie de l’Etat va lui aussi être mis à contribution. Le contraire serait indécent. Ainsi, le budget prévoit 10 milliards d’économie sur les dépenses publiques de fonctionnement. Mais, contrairement à la logique qui prévalait sous les années Sarkozy, cela se fera cette fois dans le respect des services publics et sans recourir à des logiques purement comptables comme le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux à la retraite, idéologie vide de sens et basée sur un sentiment « anti-fonctionnaire » inacceptable et néfaste pour la cohésion de notre société. Les économies seront réalisées grâce à des mutualisations de fonctions support et à une optimisation des ressources.

Enfin, certains investissements non prioritaires seront reportés.

 

Ce budget est donc un budget de justice sociale et fiscale, réaliste et responsable, au service des idéaux de gauche et des promesses de campagne de François Hollande !

 

Consultez l’ensemble du projet de loi de finances sur le site du Ministère de l’Economie et des Finances.

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