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Déc 10

Une proposition de loi « Pour des territoires zéro chômage de longue durée »

philippe nogues chomage2 436 600 : c’est le nombre de demandeurs d’emploi de longue durée au sens de l’Insee au mois d’octobre 2015, c’est-à-dire le nombre de chômeurs inscrits à Pôle Emploi depuis un an ou plus.

Avec un bond de 9,8% sur un an, ce sont 217 700 personnes supplémentaires en France qui s’enfoncent dans une spirale infernale. Dans le bassin lorientais, ce sont 9731 personnes qui se retrouvent sans emploi depuis au moins un an ! Les personnes directement touchées sont toujours les mêmes : ouvriers, employés, jeunes, non-diplômés, parents isolés et habitants de zones urbaines ou rurales en difficultés.

Nombre d’entre eux souffrent d’être montrés du doigt, d’être qualifiés d’assistés, de cette stigmatisation que l’on retrouve dans les rangs de la majorité comme de l’opposition. Le chômage de longue durée entraine des conséquences terribles : perte de lien social, problèmes de santé, divorces, autant de maux qui constituent une spirale infernale pour celles et ceux qui les subissent.

C’est un fait avéré : plus le temps passe et plus il est difficile pour une personne sans activité de retrouver le chemin de l’emploi.

Avons-nous vraiment tout essayé ? Peut-être pas !

Une expérimentation que nous devons à une mobilisation de la société civile, en l’occurrence ATD-Quart Monde soutenue par Emmaüs et le Secours Catholique, pourrait offrir la possibilité à certains chômeurs de longue durée, dans une dizaine de territoires à définir, de poser les jalons d’une reconquête urgente de leur place dans la société. L’espoir de retrouver une dignité que beaucoup s’emploient à leur enlever.

Aujourd’hui de nombreuses tâches, qui pourraient être utiles, ne sont pas effectuées par les entreprises. Cette expérimentation a pour but d’identifier ces activités (biens et services) et d’assurer leur rentabilité pour permettre à des entreprises de l’économie sociale et solidaire d’embaucher. Le financement serait porté par la réallocation des indemnités chômages perçues par les personnes subissant une inactivité depuis plus d’un an, ainsi évidemment que par les bénéfices dégagés par la production du travail.

Loin des cadeaux fiscaux aux grandes entreprises réalisés par le gouvernement depuis 2013 comme le Crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE) – plus de trente milliards d’euros pour 2014 et 2015 – cette expérimentation peut nous amener à réfléchir sur l’adéquation des politiques nationales de lutte contre le chômage avec les réalités et les diversités de nos territoires.

Je suis convaincu qu’une partie de la solution viendra des territoires, de l’implication des élus locaux qui connaissent les réalités de leur bassin de vie, et de l’engagement des PME et TPE qui ne délocalisent pas.

Cette expérimentation est traduite dans une proposition de loi que nous avons examinée à l’Assemblée nationale. Elle permettra à de nombreuses personnes, avec des contrats à durée indéterminée, de sortir de la précarité en leur permettant d’accéder à un logement digne, de contracter des emprunts, bref de bénéficier de la protection qu’apporte ce type de convention.

Il faudra encore beaucoup d’initiatives de ce genre. Il n’y a pas de solution miracle face au chômage de masse mais cette proposition de loi montre qu’il ne faut pas baisser les bras et que des alternatives existent.

Ce texte a été voté à l’unanimité en séance le mercredi 9 décembre. L’ensemble des groupes parlementaires est donc capable d’unité sur des thématiques vitales pour l’ensemble de nos concitoyens et nous ne pouvons que nous en réjouir.

(3 commentaires)

  1. LE CADRE Henri

    Bravo! Continuez dans cette voie et ces valeurs.
    Nedeleg laouen ha Bloavez mad!
    Henri LE CADRE

  2. Louineau André

    Mon fils Frédéric, technicien de services en informatique, est au chômage depuis 8 ans.
    Bien qu’ayant suivi successivement une formation de remise à niveau de 3 mois en informatique (sans pour autant retrouver un emploi dans cette domaine) puis une formation de 10 mois (Bac Technique) au titre d’une reconversion en logistique, il ne parvient toujours pas à retrouver un emploi; toutes ses lettres de candidature (spontanée ou non) demeurent sans réponses. Pourtant , ce n’est pas le courage et la bonne volonté qui lui font défaut comme en témoignent ses efforts.
    Actuellement Il ne reçoit plus que le RSA et réside chez nous, ses parents. Il a eu 50 ans en juillet dernier et est désespéré et nous, ses parents, nous inquiétons de son avenir.
    Que peux-t-on faire pour aider un tel chômeur de longue durée ?

    André Louineau

  3. Florence Delneufcourt

    Bonjour M. NOGUES

    Ma fille de 30 ans, après être sortie de faculté (anglais et droit) a enchaîné “petits boulots” et intérims.
    En 2014 elle a entamé une formation au GRETA, financée par la Région Bretagne, pour obtenir un Bac pro de Technicien aéronautique, qu’elle a décroché avec mention.
    Tout au long de cette année les annonces de contrats de l’aviation civile et militaire, nous ont fait espéré qu’elle trouverait sa place facilement dans ce secteur d’activité.

    Or il n’en est rien car les employeurs EXIGENT TOUJOURS 2 ou 3 ans d’expérience de leurs futurs salariés.
    De ce fait le monde du travail agit par une sorte de “cooptation”: on n’embauche que ceux qui ont déjà travaillé, ceux qui ont de “l’expérience”. Comment alors faire entrer les “jeunes”, mais le terme me semble mal choisi, on pourrait lui préférer les “primo-emploi”, dans le monde du travail qui s’avère si fermé ?
    On peu en déduire facilement que la formation de qualité financée par l’argent public n’est pas reconnue comme telle.

    Aussi je propose que ces formations, qui sont un investissement public, soient considérées comme valorisantes et assimilées à au moins 3 ans d’expérience. Un peu comme la Valorisation des Acquis de l’Expérience, mais à l’envers.
    Cette reconnaissance légitime aurait pour effet immédiat de casser la spirale du chômage des “primo-emploi”, jeunes et moins jeunes, de tous ceux qui suivent une formation destinée à les reclasser.
    Et pour second effet de faire en sorte que ce lourd investissement public ne reste pas stérile. Stérilité qui est cause du désintérêt de nos concitoyens pour la chose publique et qui conduit vers l’inacceptable.

    Une discussion nationale la plus large possible sur le sujet et au mieux une proposition de loi dans ce sens me paraissent indispensables, et possibles dans le contexte d’union nationale contre le chômage qui semble être dans l’air du temps.

    Florence DELNEUFCOURT.

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