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Nov 19

Etat d’urgence – La démocratie est notre force

assembléeL’émotion ressentie par les Français à la suite des effroyables attentats terroristes, perpétrés vendredi dernier à paris, est immense.

Les sentiments de colère et d’insécurité qui prédominent dans le pays sont manifestes et compréhensibles. Sous couvert de religion, d’ignobles assassins ont lâchement frappé des innocents, exprimant leur haine de notre société libre et ouverte.

Le gouvernement a réagi immédiatement en déclarant l’état d’urgence dans le pays. Des mesures ont été annoncées par le Président de la République devant le Congrès réuni à Versailles, et notamment le renforcement des effectifs de police, de gendarmerie, de justice et de douanes.

Pour autant, sommes-nous « en guerre », comme le déclinent en boucle le Président, le premier ministre et différents représentants officiels ? Etre en guerre, sur le territoire national, suggèrerait qu’une armée représentant un Etat ennemi, reconnu, identifié, cherche à occuper la France. Ce n’est pas le cas.

Cette utilisation sémantique n’est pas gratuite. Elle a un objet précis, celui d’exiger l’adoption d’un consensus… pourtant déjà acquis. Elle peut malheureusement avoir pour conséquence collatérale d’accentuer encore l’anxiété du pays.

Face à nous se dressent la haine, l’ignorance et la bêtise, l’obscurantisme d’assassins fanatiques fiers de se faire exploser pour provoquer le maximum de blessures et de morts. Ce serait leur faire trop d’honneur que de les considérer comme des soldats. Ce serait surtout les valoriser et renforcer leur sentiment de légitimité. Ce serait les rendre encore plus fanatiques, encore plus dangereux !

Sur notre territoire national des mesures ont été prises, d’autres annoncées pour répondre à ce terrorisme aveugle et protéger nos concitoyens.

J’ai ainsi voté la prolongation de l’état d’urgence demandé par le gouvernement pour une période de 3 mois. Je l’ai fait en responsabilité, avec gravité, conscient de la restriction des libertés qu’engendre ce vote. Mais je l’ai fait pour tenter de répondre à ce sentiment d’insécurité de nos concitoyens que j’évoquais en introduction, en espérant que les services concernés puissent agir avec le maximum d’efficacité.

Je serai maintenant attentif à ce que les pouvoirs de contrôle du Parlement soient garantis. Un état d’urgence peut être nécessaire, c’est sans doute le cas aujourd’hui. Il ne peut être qu’une courte parenthèse si nous ne voulons pas abimer et mettre en danger notre démocratie.

Il nous faut, dans les semaines à venir, examiner avec le recul nécessaire l’arsenal de mesures présentées au Congrès, aussi bien au niveau national qu’international. Les évidences d’aujourd’hui ne sont pas toujours celles de demain.

La démocratie est notre force. C’est elle que veulent détruire ces pitoyables fanatiques. C’est peut être en la sécurisant, c’est surtout en la préservant que nous parviendrons à éradiquer la menace qui pèse sur notre société, sur notre république.

(2 commentaires)

  1. Balle

    Avez-vous voté pour la prolongation de l’état d’urgence ? J’espère que non. C’est la dictature.

  2. noel1950

    Bonsoir M. le député, heureusement que vous avez signé! cela empêchera certains de relacher des suspects trop vite dans la nature.
    Essayez de vous poser la question; Pourquoi ces types étaient en liberté? Ensuite vous serez plus serein!

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