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Mar 09

Départementales : la politique du pire apporte rarement le mieux !

photoDans deux semaines, les Français sont invités à s’exprimer à l’occasion des élections départementales. La participation sera sans doute particulièrement faible avec moins de 50 % de votants. Et sur cette petite moitié, tous les sondages convergent pour mettre en avant la faiblesse des intentions de vote pour les partis de gouvernement et, à l’inverse, prédire un score très élevé pour le Front National.

Cette situation n’est pas très étonnante. D’abord les élections départementales n’ont jamais fait vibrer les Français et la situation actuelle, avec des départements dont les compétences demeurent à ce jour pour le moins incertaines, n’est pas de nature à les inciter à changer leurs habitudes. Et surtout, le fossé qui s’est créé tout au long de ces dernières années entre les politiques et les citoyens se traduira pour un nombre encore croissant d’électeurs, et particulièrement à gauche, en une abstention à caractère éminemment politique.

Dans ce contexte, ceux qui se déplaceront seront le plus souvent naturellement enclins à se prononcer en fonction de leur appréciation de la politique nationale plutôt que sur des programmes départementaux dont ils ne perçoivent pas forcément l’intérêt.

Comment les blâmer ? Les principaux partis de gouvernement, hormis pour leurs plus fidèles militants ou sympathisants, n’apparaissent pas dans une situation qui pourraient inciter les Français à s’investir. Le PS est à la remorque d’une politique gouvernementale qui se situe à des encablures des engagements de 2012, quand l’UMP se positionne dans une surenchère qui la décrédibilise et n’illustre vraiment pas l’image d’une quelconque alternative, même pour ses propres électeurs. Dans ce contexte, le Front National, pourtant sans programme départemental, devrait donc tirer les marrons du feu auprès d’électeurs désabusés qui voudront marquer fortement leur désaccord vis-à-vis de la politique menée par le gouvernement.

Pourtant de nombreux candidats, à gauche, travaillent et s’investissent dans cette campagne. J’ai eu l’occasion de rencontrer un certain nombre d’entre eux qui bâtissent des projets concrets – souvent avec les habitants – pour défendre et valoriser leurs territoires dans ce contexte difficile.

Aujourd’hui, il faut en avoir conscience, le FN n’a aucun programme pour les départements, et quand on connait la politique sociale qu’il propose pour la France, on peut être particulièrement inquiet de celle qui serait menée demain sur nos cantons. La politique du pire apporte rarement le mieux !

Député de la Nation, j’appelle d’abord mes concitoyens à ne pas renoncer à la démocratie et à participer aux élections. Député socialiste, j’appelle à voter pour les listes d’une gauche malheureusement dispersée mais qui aura, je l’espère, l’intelligence de transcender ses désaccords – au moins localement – pour se rassembler au second tour…sous peine de désorienter encore un peu plus tous ceux qui se réclament de ses valeurs.

(1 commentaire)

  1. BAILLERGEAU

    Que dire de la position d’un député qui marque une totale défiance à l’égard d’un gouvernement soutenu par son propre parti ? Sans attendre les résultats du mandat présidentiel en cours, le couperet tombe avec des accusations graves sur le CICE ;
    Le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) a pour objet le financement de l’amélioration de la compétitivité des entreprises à travers des efforts d’investissement, de recherche, d’innovation, de formation, de recrutement, de prospection de nouveaux marchés, de transition écologique et énergétique et de reconstitution des fonds de roulement. Un comité de suivi présidé par Pisani Ferry a pour objectif d’évaluer les dispositifs d’aides publiques mobilisables par les entreprises et de contribuer à la connaissance de leur impact en termes de compétitivité, d’emploi, d’investissement et de croissance.

    Le fait que les marges des entreprises françaises n’ont cessé de baisser depuis dix ans pour atteindre 28% contre 38% dans la zone euro et 41% en Allemagne, ne serait pas un fait majeur à prendre en compte ?
    Je ne voudrais pas être caricatural en tentant de prouver que l’équipe en place réussit sa communication, mais les procès d’intention venant de son propre camp sont lourds de conséquences et quand la gauche sera renvoyée dans une opposition de longue durée, le temps des regrets sera inutile.

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