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Avr 04

Une fenêtre de relance pour la France et l’Europe ?

euflagLe 25 mai prochain vont se dérouler les élections du Parlement européen. Dans le climat actuel, elles risquent malheureusement de marquer une étape supplémentaire dans le rejet de l’Union par ses propres citoyens. Dans l’imaginaire collectif, l’Europe ne représente plus, c’est le moins que l’on puisse dire,  le grand projet d’avenir, qui devait, dans l’esprit des fondateurs, apporter paix, sécurité, mais aussi prospérité à tout un continent.

En 2012, après la victoire de la gauche aux présidentielles et aux législatives en France, un espoir s’était levé… vite éteint devant la domination sans partage de la droite en Europe. La France avait alors obtenu un paquet virtuel de 120 milliards d’euros, censé soutenir la croissance, pour faire mieux passer le plan de restrictions budgétaires sans précédent qui accompagnait son engagement de ramener les déficits publics sous la barre des 3 %. L’orthodoxie libérale européenne (et encore mondiale à cette époque), impossible à remettre en cause sans passer pour de dangereux utopistes, ne nous laissait, il faut bien le reconnaître, guère de marge de manœuvre.

Mais les choses ne sont plus aussi figées. On peut aujourd’hui faire le bilan, en France et ailleurs en Europe, des résultats de cette politique. Et l’échec est patent : les restrictions budgétaires, outre qu’elles provoquent des coupes sombres dans des dépenses publiques et sociales essentielles, finissent par étouffer la croissance et, par voie de conséquence, contribuent à dégrader encore plus sûrement la situation de l’emploi. Le manque d’activité empêche les déficits de se réduire autant qu’on ne le laissait espérer et, au final, la dette publique s’est encore accrue de 100 milliards en un an.

En continuant sur ce chemin, nous allons vers un déséquilibre économique flagrant avec  un  balancier qui n’est jamais allé aussi  loin vers la politique de l’offre, vers des sacrifices toujours plus importants pour des résultats pour le moins aléatoires. La focalisation exclusive sur la baisse du « cout du travail » ne constitue pas, de toute évidence, une réponse aussi crédible qu’on voudrait nous le faire croire. Depuis le début des années 90, des centaines de milliards d’aides, d’exonérations, de subventions ont été distribuées sans aucun effet sur l’emploi et la compétitivité de nos entreprises.

Aujourd’hui les critiques des citoyens, mais aussi de grandes institutions comme le FMI ou l’OCDE convergent pour remettre en cause des politiques socialement dangereuses et économiquement inefficaces. Et pourtant, dans le même temps, une fenêtre pourrait s’ouvrir si nous le voulions vraiment ! Plutôt que de  négocier un délai supplémentaire avec Bruxelles juste pour la France, l’occasion serait belle d’aller beaucoup plus loin ! La France est le deuxième moteur économique de l’Union Européenne. Elle a besoin de l’Europe, mais l’Europe a aussi besoin d’une France forte. François Hollande doit pouvoir réunir derrière lui de nombreux chefs d’Etats qui partagent notre vision et notre analyse (Italie, Espagne, Portugal, Belgique, sans doute même Pays-Bas…) et convaincre une Allemagne moins homogène qu’on ne le pense, que le salut de tous passera par une dynamique de relance et d’investissement.

Nos destins sont aujourd’hui intimement liés, chacun doit en être convaincu ! La déflation qui menace plusieurs pays européens pénaliserait ainsi gravement l’ensemble de l’Union. Une réorientation de la politique européenne n’est pas aussi tabou que ne le rabâchent des économistes, majoritaires de toute évidence …mais qui se sont, tous ensemble, lourdement trompés il y a encore si peu de temps. Comment pouvons-nous l’oublier ? Les mouvements populistes qui prospèrent devraient nous faire réfléchir : nous ne pouvons continuer à foncer droit dans le mur sans avoir la volonté de tenter une manœuvre tant qu’il en est encore temps !

 

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