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Mar 07

Une gouvernance nouvelle pour que le pacte de responsabilité prenne tout son sens.

Retrouvez cet article sur le site “Le Plus” du Nouvel Obs en cliquant ici (malgré un titre ambigu).

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C’est de plus en plus évident, le pacte de responsabilité proposé par le Président de la république, va faire l’objet d’un accord entre le patronat et un certain nombre d’organisations syndicales représentatives et majoritaires.

Une nouvelle fois la solution pourrait donc consister à « alléger » le coût du travail, à hauteur de 30 milliards d’euros ! La nouveauté, par rapport aux allègements précédents, c’est que, cette fois, des contreparties sont prévues pour s’assurer que cette aide ne soit pas détournée de son objectif : investir et créer des emplois en France !

Parce qu’il faut bien le constater, s’il s’agissait seulement de la politique de l’offre, résumée par la revendication traditionnelle et permanente du patronat français d’une baisse des « charges » des entreprises, elle n’a clairement jamais créé le moindre emploi en France ! Dans la famille Gattaz, on connait le principe : monsieur Gattaz père avait ainsi obtenu cette baisse en promettant au gouvernement, dirigé à l’époque par Jacques Chirac, la création de 500 000 emplois ! Il avait obtenu la baisse des charges, on n’avait pas vu le moindre emploi !

Aujourd’hui nous aurons donc des contreparties ! Mais lesquelles ? L’entreprise est le rouage essentiel de notre économie, mais sous cette même appellation,  quelles similitudes entre celles du CAC 40 et les PME ou TPE qui représentent les 2/3 des emplois en France ? Et parallèlement à ce pacte, n’oublions pas que, justement,   les cinquante milliards d’économie prévues sur les 3 années à venir vont se traduire, aussi, par une baisse des dotations aux collectivités, qui n’auront d’autre choix que de baisser les investissements…qui font normalement travailler les PME et TPE de nos territoires !

Les organisations patronales ont-elles la légitimité pour promettre des emplois à la place des dirigeants d’entreprises ? Evidemment non. Attention  donc au marché de dupes si l’on se contente de vagues promesses, même chiffrées. Ne serait-ce pas plutôt le moment de réfléchir au modèle même de l’entreprise ? On nous cite souvent l’exemple du dialogue social allemand. C’est vite oublier qu’il est lié à une autre conception de la gouvernance des entreprises. En Allemagne la cogestion est une réalité entre dirigeants et salariés (ce qu’on appelle la Mitbestimmung). En France les comités d’entreprises doivent se contenter de réunions d’information et de consultation !

J’ai été délégué syndical pendant plusieurs années. J’ai vécu cette impuissance des salariés français sur les décisions qui engagent leur avenir. Il est temps aujourd’hui d’aller vers une conception partenariale de l’entreprise. Cette approche – qui pour moi est le fondement même de la démarche de Responsabilité Sociale et Environnementale sur laquelle je suis particulièrement investi –  s’oppose à l’idée selon laquelle l’actionnaire serait le seul propriétaire de l’entreprise et l’unique garant de son intérêt. L’actionnaire ne partage pas forcément une communauté durable d’intérêts avec l’entreprise, vue en tant que rouage essentiel de notre société. Il tend à raisonner sur le temps court, alors que  l’entreprise agit sur le temps long.

Profitons de ce pacte de responsabilité pour faire rentrer la démocratie dans l’entreprise, pour  aller vers une nouvelle gouvernance  qui donnera aux comités d’entreprise un véritable pouvoir sur les principales décisions. A travers un véritable dialogue social, avec des dirigeants qui seront contraints de se mettre d’accord avec leurs salariés (encore une fois à l’exemple de ce qui se passe en Allemagne !), avec des salariés qui devront  prendre en compte tous les aspects, y compris financiers, nos entreprises pourront à nouveau envisager des stratégies de développement à long terme. Car ce sont bien les seules à même d’engendrer une confiance suffisante pour restaurer leur compétitivité…au-delà des sempiternels débats sur les aspects couts ou hors-couts du travail !

Alors ce pacte prendra tout son sens de responsabilité. Parce qu’il faut le rappeler, l’économie est au service de l’homme, et non le contraire.

(7 commentaires)

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  1. Auffret Martine

    Instaurer une démocratie participative dans notre société, voilà bien l’enjeu! Évidemment au sein de l’entreprise, mais aussi en donnant plus autonomie aux régions . Considérer le peuple comme adulte et responsable, expérimenté et capable d’engagements solidaires. Moins soumis aux lobbies aussi. Pas formatés aux mêmes écoles et encadrés par des appareils. Dommage que le Pacte ne soit pas l’occasion de poser le débat jusque là. Et donnerait à la contestation un encadrement salutaire.

  2. KRASKA

    Sauf que le délégué syndical n’est pas choisi par les salariés mais par les syndicats. Sauf que l’élection du CEE le représentant est élu par une infime poignée de représentant syndicaux dans l’entreprise. Sauf que beaucoup de salariés ne croient plus aux syndicats, c’est un constat il faut y réfléchir……

  3. Philippe Noguès

    C’est vrai pour le délégué syndical mais pas pour les membres du CE qui, eux, sont élus par les salariés. Ceci dit vous avez raison, il faut sans doute aussi simplifier et unifier les différentes formes de représentation du personnel afin qu’elles acquièrent davantage de poids !

  4. KRASKA

    Et surtout qu’un lien de subordination n’existe pas entre les délégués syndicaux et la direction. Ils ont un rôle vraiment trop important. Ce sont eux qui signent les NAO les différents accords d’entreprises. Pour moi les délégués syndicaux devraient être présents dans les entreprises ou il ne sont pas employés(comme des conseillers de salariés par exemple) pour toute impartialité de part et d’autres, et surtout signer avec leurs syndicats des accords de formation solide et complète avant d’être choisi. Un intervenant extérieur équilibrerait je pense les relations entre les élus qui ne sont pas toujours les plus simples, car ce sont aussi des salariés sous subordination quoique qu’on en dise.

  5. KRASKA

    Oui je pensais qu’en même temps du lancement du pacte de responsabilité, le fonctionnement des syndicats, grands acteurs dans ce processus devrait être affiné, rediscuté avec le gouvernement et transparent aux citoyens.

  6. Philippe Noguès

    Je ne comprends pas vraiment ce que vous voulez dire par “lien de subordination”. Sincèrement j’ai signé plusieurs fois des PV NAO et je n’ai jamais eu la sensation de ne pas être libre…..sachant qu’une Négociation Annuelle Obligatoire peut se terminer par un compte rendu de désaccord ! Et je suis vraiment persuadé que la grande majorité des délégués syndicaux sont honnêtes et capables de résister aux pressions.

  7. KRASKA

    Pas si simple Mr Noguès.

    Je ne remets pas en cause la sincérité de beaucoup, mais, je vous invite à lire l’article ci dessous, et apparemment les pressions occasionnés sur les élus et les délégués syndicaux ne sont pas si rare que cela.
    http://www.reds.msh-paris.fr/publications/revue/html/ds055/ds055-06.htm

    Les syndicats doivent accompagnés bien plus qu’ils ne le font leur délégués et devraient pouvoir le faire dans l’entreprise, les suivre davantage dans leur difficulté dans l’entreprise, les soutenir, leur donner des moyens d’être compétents, car la on est pas chez les bisounours, loin de là…. Il n’y a pas les manifs dans la vie, ni les causeries syndicales.
    Après, qu’est ce qu’on veut ? un pseudo dialogue social bien portant; ou qu’il y ait un réel équilibre, et je le soutiens, aucune caution à la subordination…..

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