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Jan 21

Egalité entre les hommes et les femmes : le temps des actes

Retrouvez mon intervention dans l’hémicycle au sujet du projet de loi relatif à l’égalité entre les hommes et les femmes. J’y évoque notamment les questions d’égalité professionnelle.

Verbatim :

Toute inégalité est une violence. Toute violence doit susciter en nous de l’indignation, et le courage politique consiste à transformer cette indignation en action. La politique dans ce qu’elle a de plus noble est celle qui fait véritablement avancer la société dans le sens du progrès, de la liberté et de l’égalité. Avec ce texte, nous y contribuons.

Au cours d’un mandat de député, il y a des moments de fierté particulière. Celui-ci en est un. Fierté d’appartenir à une majorité qui a fait de l’égalité entre les sexes une priorité, en recréant un véritable ministère aux droits des femmes. À ce titre, j’aimerais saluer Mme la ministre Najat Vallaud-Belkacem, mais aussi celles qui l’ont précédée à ce poste, à commencer bien sûr par les grandes figures que sont Françoise Giroud et Yvette Roudy.

Fierté également de m’exprimer dans cet hémicycle sur un texte qui, j’en suis convaincu, fera date et marquera une étape historique dans le combat pour l’égalité entre les sexes, soixante-seize ans après la suppression dans le code civil, en 1938, de l’incapacité juridique de la femme mariée, soixante-dix ans après que les femmes ont obtenu le droit de vote en 1944 – bel anniversaire que nous allons fêter cette année –, quarante-neuf ans après que les femmes ont obtenu, en 1965 seulement, le droit de travailler et de gérer leurs biens librement sans l’autorisation de leurs maris, quarante-sept ans après la légalisation de la contraception en 1967, quarante-quatre ans après la création du Planning familial en 1970, trente-neuf ans après le vote de la loi Veil autorisant l’avortement – et l’actualité nous rattrape pour nous rappeler que rien n’est jamais gagné –, trente et un ans après la loi Roudy de 1983 sur l’égalité professionnelle dans l’entreprise, enfin, et j’en oublie, quatorze ans après le vote de la loi sur la parité en politique, adoptée en 2000 sous le gouvernement Jospin, mesure aussi imparfaite que nécessaire

Nous sommes les héritiers et les héritières de cette histoire. A chacune de ces étapes, tout ce que notre pays compte de forces conservatrices a opposé une résistance féroce à ce qui est pourtant, de toute évidence, le sens de l’histoire.

Comment parvenir à l’égalité réelle, comment changer la société pour une parfaite égalité des chances, à la naissance, entre une petite fille et un petit garçon, pour qu’à l’avenir cet hémicycle soit enfin paritaire ?

L’égalité réelle passe, c’est une évidence, par l’égalité dans le monde du travail. J’y consacrerai l’essentiel de mon propos.

L’égalité professionnelle, c’est lutter contre le plafond de verre, celui qui empêche des femmes d’accéder aux postes à responsabilité qu’elles mériteraient, mais aussi contre le plancher collant qui condamne les femmes plus que les hommes aux salaires inférieurs et à la précarité.

En tant qu’ancien syndicaliste, aujourd’hui député engagé pour la responsabilité sociale des entreprises, l’égalité professionnelle est pour moi un combat de longue date.

Ce projet de loi apporte des avancées significatives dans la lignée des lois Roudy et Génisson. Les négociations annuelles obligatoires en matière d’égalité entre les hommes et les femmes sont renforcées. Le principe selon lequel « à travail de valeur égale, rémunération égale » devient un objectif. Des actions de rattrapage de salaires devront être mises en œuvre.

Contre la précarité subie, les déplacements entre deux lieux de travail pour un même employeur et pour une même journée seront considérés comme du temps de travail effectif.

L’article 3 exclut des marchés publics les entreprises condamnées pour discrimination ou non-respect de leurs obligations en matière d’égalité professionnelle. L’article 4 vient protéger les femmes exerçant une profession libérale.

Il me semble important de noter que les droits des pères salariés se voient eux aussi renforcés. Ainsi, le congé parental sera désormais une prestation partagée entre les parents. Le texte accorde aussi aux pères une protection contre le licenciement après la naissance de leur enfant et leur octroie des autorisations d’absence pour assister à certains examens prénataux. Nous amorçons ainsi un changement profond des mentalités, vers une société où les responsabilités familiales seraient partagées de manière naturelle, où serait consacré le droit à l’équilibre entre vie privée et vie professionnelle, pour les mères comme pour les pères, où fonder une famille serait un choix sans conséquence sur les carrières, pour les femmes comme pour les hommes.

Car, et ce sera ma conclusion, Simone de Beauvoir ne disait-elle pas avec raison qu’on libérerait l’homme en libérant les femmes ?

(1 commentaire)

  1. Grandson

    Monsieur le Député,

    Malgré votre sincérité et votre détermination, je crois que vous fassiez fausse route quand vous parlez d’égalité entre les sexes. Déjà c’est surprenant que vous mettiez les hommes et les femmes de notre société dans des compartiments ayant trait à leur sexe. Vous êtes déjà en pleine contradiction.

    Vous comprendrez que cette idéologie ne pourra que satisfaire ceux et celles qui souhaitent faire carrière en politique. L’homme et la femme ne seront jamais égaux, ceci quelque soit le domaine d’activité.

    Je suis marié depuis 25 ans, et père de 4 magnifiques filles. Il y a des domaines dans lesquels je suis plus à l’aise que mon épouse, tout comme à l’inverse, il existe des domaines où elle me supplante, ceci sans compétition, mais aussi de façon naturelle. Je ne comprends vraiment pas la nécessité de créer un ministère pour l’égalité des femmes. C’est une chimère, une poursuite du vent. L’homme et la femme sont complémentaires, et sont faits pour vivre en harmonie.

    Vous devriez plutôt créer un ministère pour le respect des lois de la nature et du vivre selon les lois divines. De toutes les façons les femmes sont en train de prendre le pouvoir dans les entreprises et en politique, parce qu’elles sont plus formées, voire plus douées que les hommes. Bientôt vous serz obligés de créer un ministère pour l’égalité des hommes.

    Pas plus tard que la semaine dernière un cabinet d’audit est passé dans mon entreprise, il n’était composé que de femmes. Elles n’avaient pas l’air de s’en plaindre.

    Alors il serait temps de vous réveiller. et de vous préoccuper de l’économie du pays que vous êtes en train de démolir, en même temps que vous démolissez les lois sociétales.

    Sincères salutations.

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